Votre institution financière n'a pas besoin d'être Enron pour faire face à un scandale de corruption, mais un plan visant à intégrer l'intégrité au cœur de vos opérations est essentiel. La corruption ne commence pas par des pots-de-vin, mais par des angles morts dans vos contrôles. Comment créer un programme efficace de lutte contre la corruption et les pots-de-vin qui non seulement répond aux attentes réglementaires, mais protège également de manière proactive votre institution ?

Un programme solide de lutte contre la corruption et les pots-de-vin (ABC) est devenu aussi crucial que votre cadre de lutte contre le blanchiment d'argent (AML). Il protège votre institution financière contre les préjudices juridiques et réputationnels. Il renforce également la confiance des régulateurs et consolide une culture de prise de décision éthique à tous les niveaux de l'organisation.
Voyons comment construire un programme ABC efficace.

Qu'est-ce qu'un programme anti-corruption et anti-pots-de-vin ?
Un programme ABC peut être défini comme un ensemble structuré de politiques, de procédures et de contrôles, conçu pour prévenir, détecter et répondre aux risques de corruption et de pots-de-vin au sein d'une organisation. Il englobe la gouvernance, les évaluations des risques, la diligence raisonnable des tiers, la formation, le suivi et les mécanismes d'application.
Les institutions financières peuvent être impliquées dans la corruption et les pots-de-vin de deux manières. La première est interne. Cela se produit lorsque des employés, des dirigeants ou des tiers offrent, sollicitent ou acceptent des pots-de-vin pour influencer des décisions commerciales, obtenir un traitement favorable ou contourner les contrôles internes. La seconde est externe, ou lorsque l'institution devient un conduit ou un facilitateur de corruption par l'intermédiaire de clients, de tiers ou de relations de correspondant.

Quelle est la législation européenne en matière de lutte contre la corruption et les pots-de-vin ?
Avant de se lancer dans la création d'un programme ABC, il est important de connaître la législation qui le sous-tend. Cela vous aidera à élaborer une politique ABC solide. Il n'existe actuellement aucun règlement européen unique qui impose explicitement aux institutions financières de disposer d'un programme ABC de la même manière que les obligations AML sont définies dans les directives AML de l'UE. Cependant, plusieurs lois et cadres européens clés impliquent la nécessité de tels programmes. Ceux-ci incluent :
Directives AML de l'UE : les 5e et 6e directives AML exigent que les entreprises identifient et atténuent les risques de criminalité financière, y compris la corruption et les pots-de-vin, en particulier lorsqu'elles traitent avec des PEP, des pays à haut risque ou des structures d'entreprise complexes.
Directive européenne sur la protection des lanceurs d'alerte : exige que les institutions financières de 50 employés ou plus mettent en place des canaux de signalement internes pour les violations du droit de l'UE, y compris la corruption et les pots-de-vin.
CSDDD : imposera aux grandes entreprises, y compris les institutions financières, d'identifier, de prévenir et d'atténuer les impacts négatifs sur les droits de l'homme et l'environnement, qui incluent la corruption et les pots-de-vin dans le cadre d'une conduite responsable des affaires.
MiFID II : impose des obligations en matière de gouvernance, de conflits d'intérêts et de conduite des affaires. Cela inclut la mise en œuvre de politiques visant à identifier et à atténuer les risques de conduite, y compris les pratiques contraires à l'éthique ou corrompues.
Orientations de l'ABE : les orientations publiées par l'ABE sur la gouvernance interne, telles que EBA/GL/2021/05, exigent que les entreprises disposent de cadres de contrôle interne pour prévenir les comportements illégaux ou contraires à l'éthique.
Que doit inclure une politique anti-corruption et anti-pots-de-vin ?
Après avoir compris la législation, votre politique ABC sera la pierre angulaire du programme. Une politique ABC bien conçue énonce clairement la position de l'institution contre toutes les formes de corruption et de pots-de-vin, fournissant des indications sans ambiguïté sur ce qui constitue un comportement inacceptable.

Elle définit les normes que les employés, les cadres supérieurs, les membres du conseil d'administration, les entrepreneurs et les tiers doivent respecter, garantissant que chacun comprend les limites d'une conduite légale et éthique. Elle énonce également les procédures de diligence raisonnable sur les tiers, les contrôles relatifs aux cadeaux, à l'hospitalité et aux conflits d'intérêts, ainsi que les mécanismes de signalement des activités suspectes.
La politique doit décrire l'engagement de l'institution à protéger les lanceurs d'alerte et à appliquer des mesures disciplinaires en cas de violation, où les employés se sentent en sécurité pour s'exprimer sans crainte de représailles. En fin de compte, la politique ABC sert de modèle pour toutes les activités du programme, guidant les évaluations des risques, la formation, le suivi et les enquêtes. Elle doit être un document vivant, régulièrement examiné et mis à jour pour refléter l'évolution des risques, les changements réglementaires et les enseignements tirés des incidents ou des audits.
Quels sont les éléments essentiels d'un programme anti-corruption et anti-pots-de-vin ?
Outre une politique solide, les programmes ABC doivent inclure les éléments essentiels suivants :
1. Suivi, contrôles et audit : suivi continu des transactions, des cadeaux, de l'hospitalité et d'autres activités, complété par des audits internes et des tests de contrôle pour détecter et prévenir les pratiques de corruption.
2. Mécanismes de signalement : canaux confidentiels permettant aux employés et aux tiers de signaler les violations présumées (par exemple, lignes d'alerte pour lanceurs d'alerte), ainsi que des processus clairs et documentés pour enquêter rapidement sur les allégations et prendre des mesures correctives.
3. Diligence raisonnable des tiers : procédures robustes pour filtrer, intégrer et surveiller en continu les fournisseurs, agents, consultants et autres intermédiaires.
4. Gestion des conflits d'intérêts : processus pour identifier, divulguer et gérer les conflits d'intérêts susceptibles de conduire à des pratiques de corruption.
5. Formation et sensibilisation : programmes de formation réguliers pour informer les employés et les tiers concernés sur les risques de corruption, les politiques ABC de l'institution, les signaux d'alerte et leurs responsabilités dans la prévention de la corruption.
Quels sont des exemples de corruption dans une institution financière ?
Connaître des exemples de scénarios possibles de corruption ou de pots-de-vin dans votre institution financière peut vous aider à élaborer de meilleures politiques, contrôles et formations. En comprenant comment les risques se manifestent dans la pratique, vous pouvez concevoir des mesures ciblées qui répondent à des vulnérabilités spécifiques. Les exemples concrets rendent également la formation plus pertinente et efficace, aidant les employés à reconnaître les signaux d'alerte et à réagir de manière appropriée. Cliquez sur les menus déroulants pour voir quatre exemples :
Lutte contre la corruption et les pots-de-vin : protéger votre institution financière
Construire un programme ABC efficace ne consiste pas seulement à cocher des cases réglementaires, mais à protéger les valeurs fondamentales qui définissent la crédibilité et le succès à long terme d'une institution financière.
En intégrant des pratiques éthiques dans les opérations quotidiennes, en donnant aux employés les moyens de s'exprimer et en anticipant les risques émergents, les institutions financières peuvent faire plus que prévenir les fautes professionnelles, elles peuvent montrer l'exemple en établissant une norme plus élevée pour des affaires responsables. Dans un secteur où la confiance est une monnaie d'échange, un cadre ABC bien conçu envoie un message clair : l'intégrité n'est pas négociable.







